Franchement, je ne sais pas ce que j'ai bouffé avant de dormir, mais ma nuit a été longue et j'ai eu le temps de finir mon rêve.
Au bout d'un quart d'heure de navigation en mer, le ferry amarra au port de FUMBUNI. Mon premier contact visuel avec FUMBUNI a été dur et me figea sur place. La place FOUKOUNI que je connaissais par c½ur de jour comme de nuit, en bien et en mal m'était totalement étrangère. La chose la plus remarquable et qui sautait aux yeux était la propreté de cette place, une place bien fleurie et les cars de touristes qui arrivaient par dizaines en ce début de vacances.
Exit « M'sa Safina » ( quel dommage pour nous les amateurs de « huiti na jus » ) et les watchouzis qui animaient cette place jadis.
Le long de la côte des boutiques de souvenirs faisaient le bonheur et la joie des touristes.
Il n'y avait aucune chèvre, encore moins un mouton, en train de lézarder sur cette place ou de se dandiner avec nonchalance dans les rues, un exploit pour ceux qui connaissent l'amour de nos mamies fumbuniennes envers leurs chèvres.
Et surtout, l'hôpital méritait enfin son nom.
Je décidai de me rendre à l'office du tourisme de la mairie pour me procurer une carte de la ville. Vous avez vu, on a une mairie qui sert à quelque chose et non plus à faire des sous en taxant les djalicos, les bals.... Bonne nouvelle pour les flâneurs, le projet de bitumage de la route YOUSSOUF HAMIDOU entamait en 2007 par l'avocat SAID LARIFOU fut achevé en 2012 par la municipalité. C'est maintenant une longue route qui arrive jusqu'à KOIMBANI, tout en rejoignant le « Paramboini » par la place de la Poste.
En parlant du « Paramboini », vous ferez mieux de vous débarrasser de vos souvenirs poussiéreux car je vous promets que personne ne reconnaitrait cette route mythique. Je vous dresse ici un petit topo mais c'est à vous d'aller vérifier de vos propres yeux ou à défaut de faire comme Sopra « Ferme les yeux et imagine-toi »
==> Le « Paramboini »n'est plus bitumé, elle est désormais recouverte de pavées et est désormais dédiée aux piétons, aux cyclistes,....
==> Elle est élargie car on a gagné du terrain sur la mer et la digue a été renforcée et est désormais fonctionnelle.
==> En partant de la place Foukouni vers la poste, on ne peut que remarquer les cafés, les fast-foods, les salles de jeux pour ados, les cinés,... et tout un tas d'autres lieux où on peut passer d'agréables soirées bercés par le bruit des vagues loin du brouhaha, de l'agitation et de la pollution qui règne à Moroni.
==> Je suis certain que des personnes se demandent où est passé la mosquée ? Eh, bien elle a été construite à la place de l'ancienne gendarmerie.
==> En partant de Hadjenda vers le complexe sportif Papa Nadia, on sera ébahie par la beauté des hôtels et villas pieds dans l'eau qui ravissent les touristes.
Mais en ce début de soirée règne une atmosphère de fête à FUMBUNI. Et ce n'est nullement à cause d'un machouhouli comme du temps de ma jeunesse, vu que c'était la seule animation qu'on disposait, ni à cause du carnaval qui aura lieu le mois prochain.
Ce carnaval est une nouveauté pour moi car il marque la fin de la saison estivale et on célèbre dans la joie et la bonne humeur le départ en masse des touristes et des « je-viens ». Une façon de leur dire revenez nous voir l'été prochain.
Mais revenons à ce climat d'allégresse qui règne sur la ville, rentrez chez moi, je regarde le journal de Télé-Sud, une des plus grosses de TV des Comores qui est également disponible par satellite et sur le net, et là surprise j'apprends que FUMBUNI abrite cette nuit deux événements sportifs de grandes envergures :
==> A 19h, le terrain de basket Papa Nadia abritera la finale de la Coupe de l'Océan Indien entre Etoile du Sud et une équipe malgache.
==> A 21h, ça sera autour du foot de monopoliser l'attention, en effet la finale de la Coupe des Comores opposera Etoile du Sud et Faigaff de Ouani.
C'est pourquoi depuis 17h, toute la ville s'est parée des couleurs Noirs et Blancs pour être à fond derrière « YE KERIDOUDJA », le surnom de l'Etoile du Sud pour ceux qui ne savent pas.
Il est temps que j'arrête de délirer, il est 4h du mat, je dois penser à me mettre au lit.
Tout content de me mettre au lit et faire ce que je sais faire de mieux :
« REVER POUR PROGRESSER, MAIS GARDER LES PIEDS SUR TERRE POUR Y ARRIVER »
J'espère que mes rêves deviendront réalité un de ces jours, cela sera possible par le bon vouloir de DIEU mais essentiellement par la sueur de tous les Comoriens